
Je suis née à Roubaix en 1955. Danseuse-chorégraphe, danse-thérapeute et philosophe de la danse, j’ai créé après 25 années d’expérience ma propre synthèse, en m’inspirant de différentes traditions du mouvement, que j’ai appelé « la danse de l’âme » en 2004 et qui est devenue « la danse de l’être » en 2009.
Cette voie du cœur fait le pont entre le corps et l’esprit, l’Orient et l’Occident. J’ai été appelé à former de nombreuses personnes dans différents milieux.
Formée dès l’âge de 8 ans à la danse classique (prix du conservatoire de Lille) puis à la danse contemporaine et à la danse-contact, je suis entrée très jeune dans une quête pour relier le corps et l’esprit. J’ai été initié entre 1979 et 1985 au Taï-Ji, au théâtre Nô, au Butô japonais et au yoga intégral de Sri Aurobindo.
J’ai entrepris en 1984 un tour du monde de la danse en commençant
par St Francisco, la ville natale d’Isadora Duncan qui m’a inspiré la
danse de l’âme et transmis l’aspiration du beau, du bon et
du vrai à son point le plus noble dans l’Art.
Elle a ouvert le
chemin de la danse libre. Elle a redonné ses lettres de noblesse à la
danse, en tant qu’Art sacré, en s’inspirant de la Grèce
antique. Elle a, envers et contre tous, créer son école de danse
libre au début du XXe siècle, pour les enfants du peuple.
C’est dans ce même élan que j’ai créé modestement, en 1977, le « Centre de danse et de recherche en expression corporelle » dans la banlieue de Lille… une école et une compagnie de danseurs qui avaient pour but d’offrir à toutes personnes, adultes et enfants de toutes classes sociales et cultures confondues, la possibilité de faire de la danse et de s’exprimer par le corps.
Après St Francisco, ce fut le Japon pour approfondir la danse Butô avec Tanaka Min et Kazuo Ohno (co-créateur du Butô). Le Butô, appelé « danse des ténèbres » est né sur les décombres d’Hiroshima. Il m’a amené à une intériorité me permettant de toucher aux chambres obscures de la psyché humaine, sans a priori ni jugement, à travers le mouvement du corps. Il m’a également permise, à travers le « laboratoire de météorologie du corps » et le Butô de la nature de Tanaka Min, de reconnecter à mes racines profondes et chamaniques.

L’Inde a été pour moi la rencontre avec la danse sacrée.
J’ai séjourné un temps à Madras où j’ai été accueilli
par Swarna Mukhi, « danseuse consacrée » pouvant
danser dans les temples et dont le père avait retrouvé dans les
temples anciens des postures oubliées. Il a contribué à redonner à la
danse indienne, qui était tombée en désuétude pendant
la période anglaise, ses lettres de noblesse. Cette rencontre a réveillé en
moi le feu de la danse sacrée.
L’inde fut aussi les enseignements de Sri Aurobindo et de Mère
qui me donnèrent accès à une dimension globale de l’être :
l’être "supramental" qui embrasse tout, des profondeurs
de la matière aux sommets de la spiritualité.
Leur enseignement me montre chaque jour davantage une nouvelle conscience possible
pour l’espèce humaine : celle qui lui permet de ne pas fuir,
ni dans un paradis perdu ou inaccessible, ni dans le matérialisme, mais
qui spiritualise la matière jusqu’au cœur de la cellule.
Après l’expérience de descente dans les profondeurs avec le Butô j’ai pu découvrir ainsi « le soleil qui demeure dans l’obscurité, le puits de miel couvert par le roc » (Rig Véda). Ma danse a pris alors un tout autre sens.
J’ai depuis passé plusieurs temps en Inde, à Auroville, pour approfondir ce chemin, offrir mon enseignement, créer avec d'autres artistes indiens et auroviliens et retrouver les racines de la danse sacrée telle qu’elle est encore vivante dans cette terre spirituelle.
Après ce tour du monde, de 1985 à 1987, j’ai senti d’intégrer
ces différentes dimensions de la danse dans ma vie.
J’ai partagé mon temps entre la France et l’Autriche et,
avec un danseur autrichien rencontré au Japon, nous avons continué l’expérience
du Butô et de la "météorologie du corps".
Nous
avons appelé notre recherche "rivière souterraine".
Nous
allumions, là où l’inspiration nous guidait, les
feux de la danse Butô dans divers lieux en étant "médium
du lieu".
Nous avons ainsi dansé dans la nature, dans la ville : des fontaines
de Salzbourg et son festival Off aux rues et parcs de Vienne et aux théâtres
alternatifs…
Puis je continuais mon chemin en solo en France et donnais mon premier spectacle de danse sacrée au "rencontre de danse sacrée" dans le cadre du festival d’Avignon.
Cette quête initiale m’a emmené, entre 1988 et 1993,
au Québec et aux U.S.A pour me former à la relation d’aide
et à la thérapie transpersonnelle tout en pratiquant sur le terrain
au sein d’un centre de recherche et de partage en thérapies holistiques
que je coanimais, en Haute-Savoie.
Ces années de travail intérieur m’ont permise d’inscrire
la danse au cœur de la vie et du cheminement intérieur.

J’ai ensuite rencontré à plusieurs reprises la tradition
Soufi et la danse derviche et depuis 2003 je collabore avec Mohamed Boustane,
Calligraphe marocain reconnu.
Nous avons entrepris une recherche sur l’Art
du mouvement et du souffle associés à la calligraphie et nous
transmettons ce travail que nous nommons "la danse de lettres" en
France et au Maroc lors de stages, de spectacles-événements et
d’ateliers avec les enfants.
En septembre 2006, lors du premier Festi’forum à St Antoine
L’abbaye, je réunissais autour de la" danse de l’âme" une équipe
de danseurs de l’âme et d’artistes autour du premier "Mât
de la Paix" afin de célébrer la vie et d’offrir notre
Art pour la rencontre entre les cultures et la Paix.
Depuis, nous avons reconduit cette expérience avec la fondation "Dar
Bellarj", Mohamed Boustane, des artistes marocains et des enfants de la
médina à Marrakech… puis dans d’autres lieux en
France, plantant ainsi des petites graines d’Amour et de Paix dans la
terre et dans le cœur des personnes que nous touchions.
De tout cela est né un désir que je partage maintenant avec une
tribu d’artistes et d’humanistes de mettre en route une caravane
des Arts sans frontières…
Avec ces voyages et expériences, a grandit en moi l’appel à un langage universel. Une alchimie est née, inspirée par ces diverses traditions et ce qu’elles ont d’essentiel, au-delà des formes et par mon cheminement personnel.
J’ai ainsi toujours eu à cœur de favoriser une approche pluridisciplinaire et multiculturelle tissant des liens entre les êtres, les peuples, la danse et différentes expressions artistiques (chant, musique, calligraphie, art graphique…). J’invite pour cela, régulièrement, dans les stages et spectacles, différents artistes et intervenants.
Comme une synthèse, l’enseignement que je transmet depuis une quinzaine d’années, s’inscrit dans une lignée de danseurs qui tissent la trame de la danse depuis la nuit des temps afin de célébrer la vie, relier la terre et le ciel, la matière et l’esprit.
Il y a mille chemins pour arriver à Celui Qui EST.
J'ai choisi celui de la DANSE.
Ma danse est une
offrande à la
VIE
Fabienne Courmont